Infarctus : Comment savoir si vous êtes concernés et comment reconnaître les symptômes

Les maladies cardiovasculaires sont la deuxième cause de mortalité en France. Chaque année 150 000 personnes meurent des suites d’un accident d’origine cardiaque (crise cardiaque, accident vasculaire cérébral...). Chaque année en France, 120 000 personnes sont victimes d'un infarctus du myocarde (ou crise cardiaque) entraînant 44 500 décès. Même si on a pu observer une amélioration de la prise en charge de l’infarctus et de ses conséquences au cours de ces 30 dernières années, il reste encore des progrès à faire en matière de prévention et de gestion des facteurs de risque. En effet, selon une récente étude américaine publiée dans le Journal of the American College of Cardiology, 80% des infarctus du myocarde pourraient être évités grâce à des mesures préventives. Ni remèdes miracles, ni disciplines contraignantes, il ne s’agit que de gestes simples, d’une hygiène de vie saine, et d’un peu de bonne volonté. Car ce qui est bon pour votre santé et votre équilibre est bon pour vos artères et votre cœur.

Voici donc 5 conseils pour réduire significativement le risque d’infarctus du myocarde, ainsi que les conseils pour reconnaître les signes précoces et réagir en cas de crise cardiaque.

Facteurs de risques et prévention :

Selon cette étude, la prévention active de la crise cardiaque comporte 5 volets, qui visent tous à la prévention des facteurs de risque des maladies cardiovasculaires qui sont : le tabagisme, l’excès de cholestérol, le diabète, l’hypertension artérielle et le surpoids. Cette prévention comprend :

 

- Arrêt du tabagisme actif et passif :
Le tabac multiplie à lui seul par deux le risque d’avoir une crise cardiaque. C’est un facteur de risque direct dans la formation des caillots qui bouchent les artères et causent la crise cardiaque. Il est par ailleurs la cause des maladies artérielles responsables de 85% des infarctus du myocarde. Ce risque augmente avec le nombre d’années et le nombre de cigarettes fumées par jour. Le tabagisme passif n’est pas sans risque non plus.

Même s'il est difficile d’arrêter de fumer, surtout si on a passé sa vie à le faire, il est conseillé d’arrêter le tabac pour diminuer le risque de crise cardiaque. Pour y arriver, aidez-vous de gommes ou de patchs à la nicotine ou consultez un addictologue ou un tabacologue. La cigarette électronique présentée comme une alternative au tabac conventionnel peut aider à la réduction des risques si elle est adoptée de façon transitoire, en vue de l’arrêt définitif de fumer surtout chez les fumeurs chroniques. Actuellement, son innocuité n’est pas totalement établie, mais ce qui est certain c’est que le vapotage n'altère pas le fonctionnement cardiaque comme c’est le cas pour le tabagisme. Pour conclure, il est vital d’arrêter de fumer pour garder un cœur en bonne santé et éviter l’infarctus quitte à vapoter pendant un petit moment.

- Les bienfaits d’une activité physique régulière :
Pour maintenir le cœur en bonne santé, il est essentiel de pratiquer une activité physique régulière, de niveau suffisant, et dont l’intensité peut varier selon l’état de chacun. Une activité physique régulière améliore la circulation coronarienne (celle des vaisseaux du cœur) et agit en réduisant les facteurs de risques de l’infarctus. Ainsi, on observe une diminution de la glycémie, du cholestérol, une perte de poids et une régulation de la pression artérielle. Commencez par un exercice adapté à votre état de santé à faire de préférence en plein air pendant au moins 30 à 40 minutes chaque jour. Si vous êtes une personne sédentaire, reprenez graduellement en commençant par une heure d’exercice : 5 à 10 min d'échauffement, 30 min à 40 min d'exercice et 10 min de récupération au moins 3 fois par semaine. Privilégiez les activités d’endurance comme la marche à pied, le vélo, la natation le jogging…

Adopter une nutrition équilibrée pour préserver la santé de son cœur et éviter les infarctus

- Adoptez une nutrition variée et équilibrée :
Pour éloigner le risque de maladie cardiaque et d’infarctus, il est primordial d’adopter un régime sain et équilibré afin de contrôler son poids, prévenir le diabète, l’hypercholestérolémie et l'hypertension artérielle. Il suffit pour cela de suivre quelques règles sans pour autant se priver des bonnes choses.

Le régime anti-infarctus est un régime riche en fibres, en antioxydants, en fruits et légumes et en oméga 3 et 6. Il sera faible en sel, en sucre raffiné et en acides gras trans (qui sont des lipides transformés et dangereux pour la santé). Le régime méditerranéen (dit crétois) est réputé comme un des meilleurs pour préserver la santé cardiaque. Il se compose essentiellement de fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses, poissons et viandes blanches. Ce régime est riche en acides gras insaturés (huile d’olive, l’huile de colza, noix, amandes..) en antioxydants, en minéraux, en vitamines (fruits et légumes, fruits séchés), en oméga-3 (poissons) et en fibres (lentilles, pois chiche et céréales complètes).

- Misez sur la vitamine D : cette vitamine est l’amie du cœur et des artères. Outre dans l’exposition au soleil, la vitamine D se trouve dans le poisson gras (maquereau, thon, saumon et sardines).
- Mettez l’ail à toutes les sauces : Il abaisse le cholestérol et les triglycérides, et son effet cardio-protecteur est reconnu.
- Bannissez les acides gras trans et les graisses saturées tels que le beurre, les margarines, les huiles végétales hydrogénées ou partiellement hydrogénées que l’on trouve dans de nombreux aliments industriels. Privilégiez les graisses insaturées telles que les huiles végétales : olive, colza, amande, noix, pépins de raisins…
- Limitez également les fromages gras et le beurre riches en sel et en mauvais cholestérol.
- Evitez la charcuterie trop grasse et trop salée telle que les saucisses, les rillettes et les pâtés. Limitez la consommation de viande rouge à 2 fois par semaine.
- L’alcool est également à éviter ou à réduire, car il déshydrate, occasionne un surpoids et augmente le risque de maladies cardiovasculaires.

Cette nutrition équilibrée et saine permet d’abaisser le taux de mauvais cholestérol (facteur de risque de l’infarctus) ainsi que de réduire le risque de diabète. Elle permet également de maintenir un poids de santé qui se définit par un IMC (indice de masse corporelle) qui se situe entre 19 et 25. 

gérer son stress avec le yoga

 

- Apprendre à gérer le stress et à se relaxer :
Le stress est un facteur déclenchant dans 30% des cas d’infarctus. Pour maîtriser ce facteur, apprenez à lâcher prise et adopter des techniques simples de relaxation, comme la respiration profonde, l’automassage des pieds, ou un bain chaud à la lavande. Initiez-vous au yoga, à la méditation, ou essayez la sophrologie. Adoptez une hygiène de vie saine, en réduisant les sources de stress inutiles :

- Réduisez la consommation d’excitants (café, alcools, boissons énergétiques...)
- Accordez-vous des sorties. Faites-vous plaisir
- Entourez-vous de personnes positives et enrichissantes. Eliminez les énergies négatives de votre entourage
- Dormez suffisamment au moins 7 heures par jour, mais pas plus de 9 heures.

surveiller sa santé cardiaque et sa pression artérielle chez le médecin 

- Surveillez votre santé cardiaque :
Il est primordial, de consulter votre médecin afin de vérifier si vos constantes vitales sont bonnes, et si vos taux de cholestérol, de glycémie, ainsi que votre poids et votre tension artérielle sont corrects. Vous devez doubler de vigilance si vous comptez des cas d’infarctus ou de maladies cardiovasculaires parmi vos antécédents familiaux.

Votre généraliste réévaluera vos facteurs de risques et ceci vous évitera un accident cardiaque qui parfois survient sans signes annonciateurs.

Reconnaître la menace d’infarctus et réagir dès les premiers signes

Si vous êtes porteur d’un ou de plusieurs facteurs de risques, vous devez savoir reconnaître les symptômes d’un malaise cardiaque et réagir dès les premières minutes. En effet, l’infarctus est dû à l’obstruction d’une artère cardiaque par un caillot, et c’est ce qui induit, une asphyxie du muscle cardiaque qui se trouve privé de sang et d’oxygène. La souffrance des cellules cardiaques déclenche la douleur. Il faut donc réagir le plus rapidement possible pour sauver le coeur.

Si vous êtes âgé de plus de 50 ans, hypertendu, diabétique, gros fumeur, en surpoids et sédentaire ou que vous avez des antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires, soyez très alerte devant ces symptômes. Classiquement c’est une douleur soudaine, médiane (centre du thorax) qui s’intensifie rapidement, et irradie vers le bras gauche, le cou, la mâchoire inférieure et le dos. Elle s’accompagne d’un étouffement, d’une sensation d’écrasement de la poitrine, transpiration et sueurs froides, des palpitations, nausées, vomissements, et un sentiment d’angoisse et d’agitation. Dès ces premiers signes, appelez le 112 (urgences) ou le 15 (SAMU).

défibrillateur dans un lieu public

Si vous êtes témoin d’un infarctus, appelez vite les secours et cherchez un défibrillateur (désormais disponible dans les lieux publics.), ou procédez à un massage cardiaque, si vous en avez la compétence. En France, 70% des crises cardiaques surviennent devant des témoins mais, moins de 20% des témoins connaissent les gestes qui sauvent. Apprendre les premiers secours et le massage cardiaque, pourrait éviter 4 décès sur 5 par crise cardiaque. N'hésitez pas à vous y initier.


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